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Santa Maria del Fiori, le Duomo de Florence

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Dés le 13e siècle, existaient déjà un baptistère, un campanile et la cathédrale Santa Reparata, sur les lieux mêmes des édifices actuels.
Il faut se rappeler que la Toscane était à l'époque un puzzle de petits états, plus ou moins alliés les uns aux autres mais bien plus souvent en guerre les uns contre les autres.
De très vives rivalités opposaient les puissantes villes de Sienne, Pise et Florence. C'est à l'époque où Florence imposa sa suprématie sur la région, que les florentins voulurent remplacer leur cathédrale Santa Reparata, trop sobre et trop petite, pour disposer d'une cathédrale digne de leur puissance et qui éclipserait celles de Pise et Sienne.
C'est avec cet esprit que les florentins se lancèrent dans un chantier qui devait durer plusieurs siècles.
C'est l'architecte de Colle di Val d'Elsa, Arnolfo di Cambio qui fut chargé des travaux, du moins le suppose-t-on. Mais l'architecte meurt en 1302 et les travaux s'arrêtent.
Il faudra attendre la découverte des restes de l'évêque de Florence Saint Zanobi pour redonner un élan à la construction. C'est Giotto qui, en 1334, est chargé de superviser les travaux. Il dessine les plans du campanile, redémarre les travaux, mais meurt 3 ans plus tard.
L'entreprise était unique et nouvelle. Les travaux avançaient lentement, par essais successifs. Ils furent dirigés par les architectes Alberto Arnoldi, Pietro di Giovanni d'Ambrogio, Neri di Fioravante et Andrea Orcagna.
Ce fut ensuite l'architecte Francesco Talenti qui termina le campanile et dessina un nouveau projet de cathédrale, utilisant la construction inachevée de Arnolfo di Cambio. A partir de 1359, Giovanni di Lapo Ghini fut à son tour chargé des travaux.

L'oeuvre était monumentale et novatrice. En effet, les piles de la nef sont fines et espacées. La voûte trés haute. Il s'agissait donc de relever un défi architectural auquel tous participaient, l'architecte mais aussi les entreprises et leurs ouvriers.
La nouvelle cathédrale est l'une des plus grandes d'Europe. Elle mesure en effet 153 mètres de long, sur 38 m de large. C'est le second édifice religieux italien après Saint Pierre de Rome.

La coupole (duomo) de Brunelleschi à Florence a fait pâlir d'envie les rivaux de Sienne, élevée à la gloire de Dieu et par l'orgueil des hommes. Symbole de la richesse et de la puissance des florentins du 13e et 14e siècle. Il a fallu attendre 125 ans pour qu'un architecte se lance dans ses plans de construction et 14 ans pour la réaliser. La base de la coupole mesure 90 mètres de diamètre, à 50m de hauteur. Cette coupole est elle-même d'une dimension jamais égalée, bine plus vaste que ses rivales Pisane ou Siennoise.
Visite impressionnante de l'intérieur de la coupole. Santa Reparata fut définitivement abattue en 1375. En 1412, la cathédrale prit le nom de Santa Maria del Fiore. Consacrée le 25 mars 1436, par le Pape Eugenio IV.

L'extérieur est entièrement marqueté de marbre vert (de Prato), rouge (de Maremma) et blanc (de Carrare), comme le campanile et le Baptistère .
Sur le portail Sud (côté campanile), "David et Dominique", mosaïque de Ghirlandaio. Saint Matthieu", une œuvre inachevée de Michel-Ange.
Petite anecdote:
En extérieur, le long de l'abside de la cathédrale, un emplacement au sol est marqué d'une plaque de marbre. Il indique l'emplacement de la chute d'un globe de cuivre doré, œuvre de Verrocchio. Atteint par la foudre, le 16 février 1600, le globe se détacha et chuta à terre. Ferdinand Ier, en 1602 le fit remettre en place. L'invention du paratonnerre le protège désormais.

C'est un ensemble imposant qui ne peut pas laisser indifférent. Et l'intérieur est une merveille, un musée, avec des oeuvres de Luca della Robbia, Donatello, Lorenzo Ghiberti, Davide e Domenico Ghirlandaio, Michel-Ange, Paolo Uccello, etc...
L'intérieur de la cathédrale est décorée par de nombreux artistes. Citons, parmi les œuvres encore en place:
-  "la Résurrection" et "l'Ascension", bas-reliefs de la porte de la sacristie par Lucca della Robbia.
-  "Dante tenant le livre de la divine comédie", par Domenico di Michelino.
-  "L'Assomption de la Vierge" par Nanni di Banco.

D'autres œuvres ont été transférées au musée de l'Opera del Duomo ou dans d'autres musées florentins, comme le Saint Matthieu", œuvre inachevée de Michel-Ange (à l'Accademia) ou "la Pieta" (au musée de l'Opera del Duomo).

La cathédrale de Florence possèdait une autre fonction que sa fonction religieuse d'origine. En effet, la coupole était dotée d'un gnomon, c'est-à-dire une sorte de cadran solaire, installé par Paolo Toscanelli, en 1468.
Une légère ouverture sur le dôme permettait aux rayons de soleil de pénétrer à l'intérieur de la cathédrale, sur la ligne méridienne tracée dans le pavement. Cette installation permettait de préciser scientifiquement les points solsticiaux ou les variations de l'éclipse.

On peut toujours observer, le 21 juin à 12h (heure solaire), la concordance du rayon de soleil sur le tracé de la méridienne au sol (sauf temps nuageux ou travaux).

En 1474, Toscanelli fit transférer à la coupole, le globe du baptistère San Giovanni. Ce globe, grâce à un trou minuscule de 4 centimètres de diamètre, permettait à la lumière de reproduire parfaitement l'image du soleil, de visualiser les taches solaires, les éclipses et autres phénomènes astronomiques.
Les observations scientifiques qui en découlèrent, ainsi que d'autres calculs, amenèrent le Pape Grégoire XIII à réformer le calendrier grégorien, en 1582.
Plus tard, en 1754, ces installations permirent de calculer les variations de l'inclinaison de l'axe terrestre.

 

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